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La Fed à l'heure du passage de témoin entre Powell et Warsh
information fournie par Zonebourse 24/04/2026 à 23:34

Le pupitre utilisé par le président de la Fed lors de ses conférences de presse. (Crédits: Adobe Stock)

Le pupitre utilisé par le président de la Fed lors de ses conférences de presse. (Crédits: Adobe Stock)

Alors que Jerome Powell s'apprête à quitter la présidence, la Fed doit gérer une transition sensible entre inflation, politique et indépendance monétaire.

La Réserve fédérale américaine est attendue sur le qui-vive la semaine prochaine. Aucun changement de politique monétaire n'est attendu lors de la réunion du 29 avril, mais celle-ci aura une saveur particulière, puisqu'elle devrait être la dernière menée par Jerome Powell. Son mandat expire le 15 mai, après plus de huit ans à la tête de l'institution monétaire la plus influente du monde, et Kevin Warsh, désigné par Donald Trump en janvier, doit prendre le relais.

La confirmation de Kevin Warsh a été bloquée au Sénat tant que le sénateur républicain Thom Tillis ne s'estimait pas satisfait tant que la fin des poursuites du Département de la Justice (DoJ) contre Jerome Powell, liées aux coûts de rénovation du siège de la Fed, n'était pas actée. Mais l'abandon de ces poursuites vendredi par le DoJ devrait lever le principal obstacle à sa confirmation.

L'attention sera donc presque entièrement concentrée sur la conférence de presse mercredi. Powell sera probablement interrogé sur son bilan, sur sa relation avec la Maison-Blanche, mais aussi sur son avenir au sein de la Fed, puisque son mandat de gouverneur court, lui, jusqu'en janvier 2028.

Sur le plan monétaire, Powell devrait éviter toute rupture avec les précédentes réunions. Le compte rendu de la dernière réunion indiquait que la grande majorité du Comité voyait les risques sur l'emploi orientés à la baisse, tandis que les progrès sur l'inflation pourraient être ralentis par les tensions au Moyen-Orient. Le communiqué devrait donc répéter que l'économie reste solide, mais que la Fed surveille attentivement les effets du choc énergétique, notamment sur les anticipations d'inflation.

Les questions des journalistes devraient également porter sur les récentes déclarations de Kevin Warsh, en particulier ses propos sur une possible " baisse des prix " à venir, liée à l'intelligence artificielle. Ces déclarations peuvent sembler décalées alors que l'inflation américaine persiste au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed depuis cinq ans et que les mesures migratoires, les droits de douane et la guerre au Moyen-Orient de l'administration Trump ravivent les pressions inflationnistes.

Powell devrait probablement éviter de commenter directement la doctrine de son possible successeur, mais il pourrait rappeler que le Comité ne partage pas cette lecture. Même logique sur le bilan, puisque Warsh souhaite réduire davantage les avoirs de la Fed, en particulier les près de 2 000 MdsUSD de titres adossés à des créances hypothécaires. Powell devrait se contenter de défendre l'approche actuelle, plus graduelle, sans ouvrir un débat frontal sur une éventuelle accélération du runoff.

Warsh arrive à la Fed avec un capital de crédibilité faible

Il est important de garder à l'esprit que l'arrivée de Warsh ne doit pas être interprétée comme un changement automatique de régime monétaire. La Fed reste une institution collégiale, et les décisions de politique monétaire sont prises par le Comité à la majorité. Or Warsh arrivera avec un capital de crédibilité relativement faible par rapport à ses prédécesseurs, une partie de ses critiques lui reprochant une trajectoire intellectuelle jugée politique et opportuniste.

Au début du mandat d'Obama, en 2008 et 2009, Kevin Warsh avait continué à mettre l'accent sur les risques inflationnistes, alors même que l'économie américaine traversait sa pire crise depuis la Grande Dépression des années 30. Il s'est aussi montré très critique envers les baisses de taux de la Fed en 2024, à la fin du mandat de Biden, avant d'effectuer un virage à 180 degrés en 2025 avec le retour de Trump à la Maison-Blanche, en se montrant favorable à des baisses de taux malgré un contexte moins favorable sur l'inflation.
Le vrai enjeu ne sera donc pas seulement ce que pense Warsh, mais sa capacité à convaincre une majorité de membres.

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